Bursty a été multi-task et porté toutes les casquettes. Celle de rappeur et producteur avec son groupe Deblé Men puis très vite, celle de producteur au sein de son label De Brazza Records, où il participa, avec d’autres, à l’éclosion d’une nouvelle scène rap, au début des années 90, une scène désireuse de s’affranchir des codes éculés du rap français. Avec ses mix-tapes, puis compilations «Maximum Boycott», il permit à Grems, Sept, Bunzen et d’autres, de se faire un nom avant que certains ne produisent leurs albums sur le label de Bursty. Aujourd’hui auteur et éditeur de livres sur la culture Hip-Hop, il s’apprête à sortir «l’odyssée de la presse rap» qui retrace et inventorie les magazines, mais aussi la presse parallèle Hip-hop de ses débuts jusqu’à son extinction. Nous avons rencontré celui qui n’a de cesse de se réinventer et de faire rimer, hip-hop avec épopée.

Qu’est-ce qui t’as mobilisé dans le hip-hop ?
Bursty : Mobilisé est vraiment le mot. Pour moi, le hip-hop a toujours été une forme de guerre. J’ai toujours été ma propre armée, mon propre général et mon propre soldat. Je suis tombé dans la marmite de la culture hip-hop, comme beaucoup en 1984, avec l’émission H.I.P.H.O.P présentée par Sidney. À l’époque, j’habitais entre la cité de la Rose des Vents à Aulnay Sous-Bois dans le 93 et Attainville un petit bled pavillonnaire à 10 km de Sarcelles. C’était la fin des années collège à Aulnay Sous-Bois et j’allais attaquer le lycée à Sarcelles. Au début des années 80, j’écoute à donf Renaud, Capdevielle et téléphone et puis H.I.P.H.O.P débarque sur TF1 et plus rien ne sera comme avant. Le hip-hop m’attrape, me retourne le cerveau et change définitivement ma façon d’appréhender la musique. Tout d’un coup mon esprit s’éveille et le militant que je ne connaissais pas et qui était planqué en moi se réveille. À la télévision ENFIN, je pouvais voir un « Renoi » qui faisait autre chose que balayer le plateau ou danser derrière une Sheila ou un Carlos… Tout d’un coup grâce à Sidney, il y avait ENFIN, un « Renoi » NORMAL à la télé, en plus, il était présentateur de l’émission, il était le Boss … Avant, tout était Blanc, une télé de Blancs, des présentateurs Blancs, des invités majoritairement Blancs, des journalistes Blancs, un public Blanc et la… Du Noir… Alors, j’ai plongé… Et puis, il y avait les décors, qui aujourd’hui semblent cheap, mais qui à l’époque m’avait retourné le cerveau. Sur TF1, j’avais l’impression d’être ailleurs. Loin de la France. J’étais aux « States ». Et puis il y avait le phrasé et les « gimmicks » de Sidney. J’ai plongé. J’ai été happé par le truc…
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« Mobilisé est vraiment le mot. Pour moi, le hip-hop a toujours été une forme de guerre. J’ai toujours été ma propre armée, mon propre général et mon propre soldat. »

 

 

Est-ce le fait d’avoir grandi et vécu à Sarcelles et quel impact a eu Ministère Amer dans ta vie ?

Bursty : Je suis arrivé au lycée Jean-Jacques Rousseau à sarcelles en 1984. Les mecs dansaient sur des cartons à la récré. C’était dingue et tellement surréaliste ! C’était comme à la télévision sur TF1. Moi ? Je n’étais pas doué. En revanche, organiser, coordonner et entreprendre, a toujours été mon truc. J’ai alors organisé les après-midi dansantes dans la salle du haut du Roy à Sarcelles. Et puis, dans ma chambre chez mes parents, j’écoutais, les radios libres et je défile, même contre les lois Devaquet, et pour les radios libres. Et ensuite, c’est la Fac, et toujours la radio avec, Carbone 14, Radio 7, Radio Nova et toutes les rares radios qui passent du rap à l’époque. Je suis mordu la fin des années 90, je suis à la fac, à l’université paris 13 et je suis à fond dans le rap. Je veux tout connaître, et j’essaie de glaner des infos… Mais impossible de sortir. J’ai un daron récalcitrant, alors les radios seront mon refuge, tout comme les shops hip-hop, les fanzines et les mixtapes vers 1995. Et puis un an avant, je passe un BTS Force de vente à Montmorency vers 93-94 et je tombe sur une cassette dans un bus : c’est le morceau « Traitres » de ministère Amer. Je prends la claque de ma vie. Et puis c’est Rapline et le clip « Traitres ». Second choc après Sidney, des Noirs partout dans le clip, quasiment pas de Blancs. Je le sais, ce jour-là, je sais que je vais être entrepreneur dans le rap et que je vais habiter Sarcelles. Voilà l’impact du Ministère dans mon parcours.

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Tu montes Deblé Men en 1993, avant peut-être même, comment se fait la connexion entre toi et le reste du groupe ?

Bursty : De 1992 à 1993 avec mon meilleur ami Trikpa on va être djs pour des mariages et on va organiser des soirées dans le val D’Oise. On a notre propre matos. C’est la belle vie, la thune, les filles et puis le rap est ancré de manière indélébile en moi et on décide de s’associer et de monter notre studio d’enregistrement. Le père de Trikpa nous laisse la cave de son pavillon. Trikpa monte le studio, car il est doué de ses mains et passe son diplôme d’ingénieur son et je décide quant à moi, de devenir rappeur-manager et producteur. Je vais travailler trois mois à la compagnie des wagons-lits comme couchettiste pour payer notre premier sampler. Je passe une annonce dans le journal Nova magazine et je recrute trois rappeurs, Spry, Blacky et Ex.One. Daoud mc et O.W nous rejoindrons plus tard. On va maquetter dans notre studio. À l’époque, on ne pense pas à faire carrière. On veut juste rapper. On veut être dans ce truc : le hip-hop. Nous sommes des passionnés. À la base, on ne se connaît pas. C’est un casting. Mais on va vivre les meilleurs moments de nos vies dans cette cave et sur les nombreuses scènes d’Île de France. A l’époque, tu envoyais une maquette et tu étais programmé. Aujourd’hui, c’est les connaissances et le piston. Une autre époque.

 

À cette époque, tu te projettes comment dans le rap et qu’est-ce que cela représente ?

Bursty : à cette époque, je ne suis pas du tout dans le rap. Je suis dans le hip-hop. Je suis dans le Mouvement hip-hop. Je fais partie de ces milliers de mecs qui ne poseront jamais les pieds au Globo et au terrain vague de la Chapelle, mais je suis dedans. J’ai eu la carte d’Afrique autour du cou, le badge de Touche pas à mon pote… J’ai tout porté, tout acheté et tout écouté à cette époque. C’était facile, il n’y avait pas beaucoup de choses. Mais trainer dans les soirées, les manifestations ? Pas ma came et puis j’avais le daron au cul, j’avais un chemin tracé, les études, la fac… Mais le soir, tous les soirs dans ma chambre grâce à la radio, c’était hip-hop forever ! Je découvre à travers le rap, mon cinquième élément. Le truc qui me manquait. Seul le rap me fait vibrer à ce point. J’ai beau chercher, il n’y a rien d’autre. À part peut-être les femmes ! lol. Sérieusement, s’il n’y avait pas eu le hip-hop et le rap… J’aurais eu une vie insipide. Car le rap a révélé ma vraie nature, celle d’un entrepreneur.

Avec « Traitres » de ministère Amer. Je prends la claque de ma vie. Et puis c’est Rapline et le clip « Traitres ». Second choc après Sidney, des Noirs partout dans le clip, quasiment pas de Blancs. Je le sais, ce jour-là, je sais que je vais être entrepreneur dans le rap et que je vais habiter Sarcelles. Voilà l’impact du Ministère dans mon parcours.

 

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Très vite, tu apparais comme l’axiome qui va tout organiser, produire, etc… À quoi ressemble l’écosystème rap de l’époque ?

Bursty : à l’époque, tout est facile, tout est réalisable. Même si dans les studios on croise beaucoup d’ingés sons issus du rock et qui ne sabotent pas, mais qui ne font pas d’efforts sur nos enregistrements. J’ai le souvenir en 1995/1996 et 1997 de simplicité dans la réalisation des choses. Les gens étaient serviables…  Les mairies programmaient des groupes de rap dans toutes les fêtes de quartiers et lors de la fête de la musique. On ne parlait pas de crews, mais de « Posse », les groupes avaient tous un DJ, on pouvait rapper partout, il y avait des tremplins, des micros ouverts, des petits festivals… On envoyait une K7 dans une radio et ils nous contactaient sur nos beepers ou chez nos parents ! Sur le fixe. Sortir un disque et le vendre à la Fnac ? On n’y pensait même pas. On voulait juste enregistrer des maquettes pour les envoyer a des programmateurs afin de monter sur scène. C’était ça notre truc : monter sur scène, déchirer ce putain de micro, rapper. La scène, c’était ça la finalité. Un truc de ouf quand j’y repense.

On est en plein boom de ce que j’appellerais la troisième vague. Celle de l’autoproduction avec la création des premières vraies structures indépendantes, l’émergence de Night and Day, etc. Comment vois-tu cette époque rétrospectivement ?

Bursty : C’était l’époque des débrouillards, des visionnaires sans le savoir… J’ai eu la chance de croiser Moda sur mon chemin. Il m’a présenté Patrick Colléonny et mon disque est arrivé en 1997 chez Night & Day. L’objectif n’était pas de sortir un disque. Mais l’occasion a fait le larron. Dis-moi avec qui tu traines et je te dirais comment on avance dans le rap. J’ai vécu ça en direct. Merci Moda. Ce que je garde de cette époque ? Un amour du studio, des instants d’amitiés que personne ne pourra jamais nous voler. Des heures passées dans des RER pour aller poser 16 mesures à 5 sur une mixtape. Je garde vraiment des moments d’amitié gravé profondément. Merci au hip-hop et au rap pour ça.

Tu rencontres Moda en quelle année et de quelle manière va-t-il t’inspirer et t’aider ? 
 
Bursty : Fin 1995, j’en ai marre d’enregistrer dans des studios tenus par des ingés son venus du rock. C’est les grands débuts des rappeurs undergrounds qui envahissent les studios d’enregistrement. Avant , ne venaient à l’époque dans ces studios, que des musiciens issus de la world musique, du rock, du hard rock, du métal et du reggae. Ils n’ont pas vu notre irruption dans les studios d’un bon œil. Perso, j’ai le souvenirs de n’avoir pas été bien reçu et puis je ne retrouvais pas dans les mix, le grain qu’il y avait dans les disques cainris que j’écoutais à l’époque. Il fallait trouver autre chose. De recherche en recherche, on m’a refilé le numéro de Moda… mais nous n’étions pas prêts. Quand, enfin nous avons eu une dizaine de morceaux à maquetter, j’ai appelé Moda… De mémoire, je me demande même si ce n’était pas via un Beeper. L’ancêtre du smartphone. Bref, après des péripéties, je rencontre Moda. Il n’est plus à Ticaret avec Dj Dan, mais vient d’aménager sous des douves à Corentin Carriou du côté de la Villette en face d’un hôtel Ibis. Nous allons y passer quasiment une partie de notre année 1996… On y allait souvent les samedis après-midis. C’était un peu notre colonie de vacances. Parfois Moda était là, parfois, il fallait attendre car un autre groupe était en train d’enregistrer ou mixer et parfois il arrivait que Moda ait un empêchement. C’était l’époque des groupes comme DAOMEN qu’on croisait de temps en temps et des mixtapes enregistrés en un week-end. Mais cela ne faisait rien pour nous. On ne se prenait pas la tête. On était heureux d’être là, Bursty, Daoud Mc, Trikpa, O.W et Ex.One. On vivait notre passion avec allégresse et sans se prendre la tête. Moda va nous donner le grain que je recherchais dans mes sons, il utilise les samplers qu’il faut, il est au fait de la construction et l’enregistrement d’un album. Moda va surtout structurer ma pensée en matière de business. Il va me conseiller, dans la gestion du studio, le placement devant un micro, et m’aiguiller au niveau artistique et business. Moda était un indépendant forcené… Avec le recul, je crois qu’il m’a légué cela sans que je ne m’en rendre compte : do it yourself ». je vais comprendre la réalisation d’un disque de A à Z. Grace à lui je vais apprendre et comprendre le rap game. Merci encore Moda pour tout. Un jour, il me demande de l’accompagner à BMG ou il est signé en éditions et un autre jours je le suis chez Night & Day son distributeur et je rencontre Patrick Colléony, qui me propose ensuite de distribuer mon album Vigipirates. Moda a été un accélérateur…MERCI pour tout.
Deblé Men, même si le groupe ne ressemble pas du tout à ce que la ville de Sarcelles ou les environs peuvent produire, vous êtes et restés dans une certaine forme d’orthodoxie rap. C’était quoi les références du groupe et votre identité musicale ?
 
Bursty : Le groupe Deblë-Men avait le siège social de son association à Sarcelles. Et moi, j’étais animateur Socio-Culturel à la Maison de Quartier Valéry-Watteau à Sarcelles ou je passais mon Beatep (Brevet d’état d’animateur technicien de l’éducation populaire). On ne ressemblait pas du tout aux groupes Sarcellois et des environs de l’époque. On était en mode baggy et sapes US, alors que la mode dans la ville c’était jean 501 serré et cuir et Reebock blanches aux pieds. Et puis on avait un discours et on voulait dénoncer des choses. On rêvait d’être les Public Enemy du rap c-fran (lol). Et puis, il y a eu l’album Illmatic de Nas, et The Infamous de Mobb Deep, qui vont définitivement bouleverser notre vie. Pour nous, le rap c’était ça : décrire notre quotidien,  pointer du doigt les travers de la société et être des haut-parleurs des quartiers populaires. C’était également, la grande époque du Wu Tang et de groupes comme Hetha Skeltah, Smif-N-Wessun… On écoute ces groupes en boucle. On traduit les textes… Et pour tenir le discours qu’on voulait avoir, l’indépendance était la seule voie possible. Mais on ne voulait pas mourir idiots et un jour, j’ai essayé de rencontrer Bouboule de Secteur A dans leurs locaux de Sarcelles. Mais j’ai vite compris que la présence de Daoud MC, Algérien pouvait poser un problème et puis, peut-être qu’on avait tout simplement pas le niveau et le talent pour eux…Et j’ai continué mon chemin d’indépendant. Mais Secteur A à l’époque, était assurément, LA REFERENCE et l’exemple à suivre.
Sarcelles a connu son âge d’or avec Minister Amer puis Secteur A. Il y a d’autres acteurs comme Driver, Rappeur Deze et quelques-uns que j’oublie et vous. Y-avait-t-il le sentiment d’appartenir à une scène ? 
 

Bursty : Secteur A vampirisait tout. Il n’y avait pas ou peu de place pour les autres. Le label était au dessus de tout et pour tellement de raisons. Secteur A était et est toujours la fierté des Sarcellois. Les gens qui ont démarré le rap au début des années 90 se souviennent peut-être. Pour un renoi, Ministère A.M.E.R. ça voulait vraiment dire quelque chose. Les gens qui ont vécu cette époque le savent. Le maxi « Traîtres », en 1991, puis par les albums « Pourquoi tant de haine » et « 95200 » (code postal de sa ville, Sarcelles, brandi comme un étendard) étaient des brûlots sans concession qui mettaient en exergue les effets de la ségrégation urbaine et de la discrimination raciale. On se sentait représentés. ENFIN !  La réussite de Secteur A a une grande résonance dans les quartiers populaires, en particulier au sein de la jeunesse noire ayant grandi dans les tours de béton de Sarcelles. Il fallait vraiment être jeune et Noir pour comprendre la force de Ministère Amer et de Secteur A. Le label Secteur Ä , Ä comme Abdulaï, du surnom donné à un quartier de Sarcelles c’était la fierté de tout jeune Noir Sarcellois. Secteur A c’était la négritude assumée et porté au pinacle. La réussite est fulgurante, et les disques d’or s’e sont enchainés à une vitesse exceptionnelle pour le label et d’un coup cette réussite appartenait à tous les jeunes Sarcellois. Dénigrés la plupart du temps, soudain ils avaient une référence positive. Il y avait de la fierté dans le cœur de la plupart des jeunes issus des quartiers populaires des environs, heureux de la réussite des membres de leur communauté. Secteur A c’était aussi ça : la fierté de voir des jeunes Noirs réussir. Les artistes du label vont tourner en boucle à la radio et monopoliser les couvertures des magazines. Sarcelles est au premier plan et sur la plus haute marche du rap français. Secteur Ä y règne en maître et sans partage avec l’apothéose de cette aventure qui aura lieu les 22 et 23 mai 1998 : le Secteur Ä prendra d’assaut la scène de l’Olympia à l’occasion de la commémoration des 150 ans de l’abolition de l’esclavage. C’est comme si tous les jeunes Noirs de Sarcelles, Garges et Villiers le bel étaient monté sur la scène de l’Olympia. Qui aurait pu penser que de jeunes Français d’origine africaine ou antillaise, originaires des cités défavorisées de Sarcelles, Garges et Villiers le bel, allaient un jour fouler avec succès la scène mythique de l’Olympia ? En outre à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage ? Le symbole était fort. Forcément fort. Secteur a et Ministère Amer ? C’était un des premiers cris de la jeunesse noire issue des quartiers populaires, une jeunesse sans repères qui trouvait enfin des porte-paroles capables d’exprimer leur mal être et des modèles témoignant qu’avec du travail et du talent, tout est possible. Secteur Ä permettra l’émergence d’une profusion d’artistes, de labels et de producteurs désireux de vivre de leur passion du hip-hop et de connaître le même parcours. C’était ça aussi Secteur A… Une structure qui a donné envie à beaucoup de se prendre en main et de faire les choses.

Quels sont les affres que tu essuies avec Deblé Men ?

Bursty : En vérité l’époque de Deble Men est saine niveau business. Nous sommes bien chroniqués dans Radikal, Groove et RER… Nous avons des articles dans ces magazines. Pas les 3 pages, mais nous y sommes. On va découvrir les trucages des tremplins rap… Mais la SACEM va détruire le groupe. L’argent pourrit les gens. Le groupe va se séparer pour des vulgaires histoires d’argent. Quand le fric arrive à flot, tout d’un coup, les têtes tournent et certains pensent solo et plus rien ne va. Le groupe se séparera pour des vulgaires raisons de fric de la Sacem.

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Mais la SACEM va détruire le groupe. L’argent pourrit les gens. Le groupe va se séparer pour des vulgaires histoires d’argent. Quand le fric arrive à flot, tout d’un coup, les têtes tournent et certains pensent solo et plus rien ne va. Le groupe se séparera pour des vulgaires raisons de fric de la Sacem.

 

Tu passes peu à peu de rappeur à force vive qui fédère, notamment avec les mix-tapes Maximum Boycott et qui vont préfigurer De Brazza Records et le travail de développement qui va s’en suivre…

Bursty : J’ai toujours cru au collectif. Avancer seul comme rappeur ne me branchait pas. J’adore faire partie d’un groupe, d’un collectif. Je kiffe échanger avec des personnes différentes dans un collectif. J’ai l’idée qu’on va plus loin à plusieurs que seul. Et puis j’adore diriger, coordonner… Mais je sais aujourd’hui une chose, 99,99 % des gens qui sont dans le rap, sont des capitalistes individualistes. Tous. Les mecs ne veulent qu’une chose le fric. Le rap n’est pas une passion pour beaucoup, juste un moment d’égarement qui peut rapporter pour eux, du pognon (les rêveurs).

On a l’impression que l’underground et l’activisme t’animent et deviennent tes maîtres-mots. Est-ce que tu vois encore le hip-hop comme une possible contre-culture ?

Bursty : Le hip-hop n’est plus une contre culture. Le hip-hop que j’ai aimé et connu n’existe plus. Ce lui qui me rendait DIFFERENT et VIVANT. Avec ce hip-hop-là, on pouvait tout faire avec presque rien. Avec ce hip hop on devenait quelqu’un loin de ce que la variété française et une certaine France voulaient nous vendre. Mais j’ai toujours l’amour de ce que j’ai connu. J’ai toujours l’amour de ce que j’ai vécu. Et, ce hip-hop nous sommes qelques-uns a l’avoir connu et vécu. Et ça la pop urbaine, la place hip-hop et Jul ne pourront jamais me l’enlever.

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Le hip-hop n’est plus une contre culture. Le hip-hop que j’ai aimé et connu n’existe plus. Ce lui qui me rendait DIFFERENT et VIVANT. Avec ce hip-hop-là, on pouvait tout faire avec presque rien. Avec ce hip hop on devenait quelqu’un loin de ce que la variété française et une certaine France voulaient nous vendre. 

À l’aube des années 2000 tu fais la découverte de toute une scène, notamment bordelaise, avec Grems mais aussi banlieusarde avec Bunzen ou Sept. Qu’est-ce qui te donne envie de t’y investir et produire ?

Bursty : Je sens qu’il y a un truc à faire. Je vois qu’il y a du talent. Un talent de malade et une putain d’énergie. Je vois aussi que les mecs n’ont pas d’argent et zéro organisation. Je vais être le lien, le coordinateur de toute cette énergie. Je suis plus vieux que la plupart des mecs, j’ai plus d’expérience et je vais dynamiser le truc, le structurer avec mes compétences et mon argent. De 2003 à 2006, on va se croiser dans mon studio et ça va donner les mixtapes et compilations Maximum Boycott et d’autres projets… Mais voilà, les gens ne voient que le court terme. Les gens sont INGRATS ! Ils veulent récolter avant d’avoir semé. Ils se comportent comme des rappeurs en major alors qu’ils sont dans le gouffre. Et ils pensent que tu les arnaques alors qu’en vérité, c’est toi qui empruntes des francs et les euros à la banque… Le rap français… Bref… Une dédicace à Grems, un mec bien.

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Le marché a bien changé en quelques années entre Deblé Men et ce moment où tu commences à te structurer en label. Comment tu vis et tu te projettes dans ton rôle de producteur à ce moment-là ?

 

Bursty : Je me suis toujours vu comme un entrepreneur avant même d’être un producteur. J’aime diriger. Avoir des projets et le mener tant bien que mal jusqu’au bout. La culture hip-hop m’a permis ça : entreprendre dans un domaine qui me passionne. Je ne regrette pas grand-chose. Uniquement d’avoir rencontré des profiteurs, des rageurs, des assistés et des ingrats (ma définition du rappeur français).

Quand tu te recentres sur la production avec De Brazza, tu accompagnes une nouvelle scène balbutiante qui est très loin de ce que tu pouvais faire avec ton groupe. Qu’est-ce qui t’intéresses chez ces groupes-là ? 
 
Bursty : A un moment, j’en ai eu marre de militer et de dénoncer. les gens n’écoutaient pas. Ils avaient envie d’autre chose. Ils en avaient marre qu’on leur rabâche ce qu’ils voyaient dans leur quotidien. Les gens voulaient autre chose. Mais j’ai quand même continué à produire un groupe conscient et militant comme La K-Bine et un rappeur comme Skalpel ( La K-Bine) car c’était aussi une histoire de kiff de leur discours et d’amitié. Et puis moi, a travers une mixtape, j’ai rencontré le rappeur D’OZ ( que je tiens à remercier malgré tout) et ça a été la révélation. J’ai compris que c’était ce genre de rap que je voulais produire. Il y avait du talent, du texte, de la technique et des instrus qui bien qu’éloignées de ce que j’écoutais, me parlaient étrangement et me transfiguraient. Et D’OZ m’a fait découvrir une nouvelle scène underground indépendante de grand talent avec Sept, Grems, Les Kroniker, Dj Steady et le rap de Bordeaux. J’ai kiffé et j’ai décidé de faire connaitre ce rap au plus grand nombre à travers les mixtapes et ensuite les compilations Maximum Boycott.
La Caution, TTC, Triptik, Svinkels sont les fers de lance ou les ambassadeurs de cette nouvelle scène qu’on dit alternative. Est-ce que tu estimes que Sept, Bunzen, Grems s’inscrivent dans le continuum de ces groupes-là ? 
 
Bursty : Les premiers groupes que tu cites, si je respecte leur travail, cela ne m’a jamais parlé artistiquement…je n’ai jamais reussi a entré dans leur univers… je viens de Sarcelles… Alors comment kiffer TTC ? C’était déontologiquement impossible ! xptdr ! Même si dans le groupe Cuizinier avait un univers que j’aimais bien. Mais D’OZ, SEPT, GREMS, LE JOUAGE, BUNZEN… C’était autre chose… C’était un autre niveau dans l’écriture et l’interprétation. Il y avait du texte, du flow et des instrus appropriés. Il y avait une énergie et une sincérité qui me parlait. Il y avait un talent qui me parlait. J’étais fan, et admirateur de tout ce talent. Et puis pour moi GREMS est définitivement le meilleur rappeur français et je pèse mes mots. J’adore tout chez ce mec. TOUT. Un jour les gens comprendront qu’ils sont passés à côté d’un talent monstrueux. Si je gagne un jour au loto, je signe GREMS et je refais un album avec lui.

Qu’est-ce qui fait qu’après avoir produit avec de Braza, tu laisses tomber la production ? Essoufflement, fatigue ou envie de te recentrer sur toi ?

Bursty : Non, pas d’essoufflement… Je reçois un jour une certaine somme sur mon relevé Sacem. Une belle somme. Je suis super content et j’annonce la belle nouvelle aux autres membres du groupe… Je leur donne le chiffre. Ils me regardent et m’annoncent qu’ils ont eu 10 fois plus. Je suis étonné. Je repars à la SACEM et apparemment lorsque j’étais en formation mes collègues ont omis de me mettre sur les déclarations SACEM. La SACEM ne voit aucun inconvénient à répartir cet argent par trois/ mes collègues ont refusé. L’argent pourrit les gens. J’ai pris mon label et je suis parti. Et puis les groupes et les rappeurs commençaient à me saouler… Leur amour du hip-hop qui rimait avec dollars me faisait dorénavant chier… Alors j’ai pensé qu’on était mieux servi que par soi-même.

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Tu es un gros collectionneur de mix-tapes françaises. Qu’est-ce que représentes la mix-tape pour toi ? Il ya eu cette époque où les djs portaient ce marché de la mix-tape, ils portaient une scène et poussaient les jeunes artistes dans les émissions spé. Dirais-tu que l’underground existe toujours aujourd’hui ? 
Bursty :  j’ai acheté ma première mixtape en 1995… je peux dire sans sourciller que j’ai été un des plus grands collectionneur de mixtapes. Et spécialisé en mixtape contenant au moins un morceau de rap en Français. Il n’y a pas un collectionneur en France qui ne m’a pas acheté au moins une cassette. Aujourd’hui si je possède encore pas loin de 1000 mixtapes, je ne collectionne plus. Plus envie… Je suis passé à autre chose. Je vends au gré de mes besoins financiers régulièrement des pièces rares et collectors. Cette époque est définitivement morte pour moi. Moi j’ai des souvenirs dingues dune autre époque dans ma mémoire. Une époque ou je squattais LTD, Urban Music, Sound records et la vpc de Kool & Radikal. Une époque ou les Djs étaient les haut-parleurs des quartiers et accompagnaient le développement du rap. Les dj’s à travers les mixtape permettaient de découvrir des rappeurs ou de lancer des carrières. L’underground est mort depuis 2005 pour moi. Aujourd’hui tout se passe sur Youtube avec les vues et les likes. Zero aigreur… je me suis éclaté et je me suis amusé. Avant c’était différent et maintenant c’est différent. Mais ce fut une putain d’époque.
Qu’est est la difficulté dans l’édition à laquelle tu t’es confrontée ? 
 
Bursty : L’apprentissage de la réalisation d’un livre ne m’a pas gêné. Je suis quelqu’un qui n’a pas peur d’essayer. Même si c’est impossible. j’adore rendre l’impossible, possible. Même si dans ce parcours, je peux faire des erreurs. mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron.  la plus grande difficulté est d’informer les gens que mes livres existent. Même à l’ère d’Internet, communiquer, faire savoir, être visible, ce n’est pas évident et surtout, ça coute toujours de l’argent. Aujourd’hui, après avoir sorti 6 livres et m’être consacré exclusivement à l’écriture, j’ai décidé de me pencher sur la communication et la promotion de mes livres.  Des livres dont nombreux se sont gaussés au début : « mais il est fou Bursty, il veut sortir des livre, à l’ère des réseaux sociaux et d’Internet ». Et aujourd’hui ceux là mêmes font la même chose. Ils sortent tous des livres sur le rap C-Fran. Ils attendent que tu fasses les choses pour les faire à leur tour. Ils attendent que tu ouvres la porte pour s’y engouffrer en te faisant un bras d’honneur, car, ils ont les réseaux et le bras long. je suis là depuis 1995 en matière d’entreprenariat. J’en ai vu des « rappeurs et producteurs » intermittent du spectacle et en mode CDD du business. On ferra le bilan plus tard. Pour l’instant, je fais les choses.
Tu as monté un fanzine, une distribution à un moment donné aussi, tous deux du nom d’Unité. On a l’impression que tu as toujours travaillé dans l’idée de fédérer ? Que représente le Do It Yourself ? 
 
Bursty : En fait avec le recul, je cois que j’ai toujours aimé être entouré. je suis issu d’une grande famille nombreuse. Cela doit certainement joué. Nous sommes pas loin d’une trentaine d’enfants dans ma famille. J’ai pas mal de demi-frères et demi sœurs. je crois que j’aime ça, être au milieu d’un projet. Un projet que je partage avec d’autres personnes, mais dont je suis l’acteur principal, le moteur et celui qui montre le chemin. Le do it yourself est mon leitmotiv depuis le début. je trouve ça beau de réussir comme de mourir avec ses idées. Et surtout pas avec ceux du voisin.

 

Qu’est-ce qui amorce ta transition vers les livres et l’écriture ?

Bursty : L’envie d’exprimer mes idées et de les figer. Et puis j’aime être à la marge. Ça me va bien. J’ai commencé par mon livre BAMBOULA. Une façon d’affirmer ma négritude et ce côté « Do It Yourself » qui me caractérise.

Tu te lances d’abord dans la production de livres que tu écris avant de faire le livre de Épée. Tu as vocation à être éditeur ? Quelle différence fais-tu entre l’édition et la production phonographique ?

Bursty : Le livre d’Epée c’est surtout une volonté de montrer que sortir un livre est un détail pour moi. Un épiphénomène. J’en avais marre d’entendre sur Sarcelles qu’Epée avait le projet de sortir un livre. Je l’ai sorti pour montrer aux gens que ce n’était pas un souci pour moi. Beaucoup parlent et on ne voit jamais rien venir. J’ai voulu montrer que tout était possible. L’édition, c’est un truc qui me plaît effectivement. Mais j’aime avant tout entreprendre et pas que dans le hip-hop. L’édition, on gère un auteur. La production discographique, on gère des égos, des cassos, des relous, des emmerdeurs.

Tu retraces avec Nigh Day, le pan de la production indépendante lié à ce distributeur, puis tu enchaînes avec l’odyssée de la mixtape. Qu’est-ce qui t’intéresses dans cet exercice ?

Bursty : Faire les choses, repousser mes limites. Perso, je pense qu’on peut tout faire en France. Si on veut, on peut. Rien ne m’arrête. Je fais et je vois après. Façon, c’est en moi. Je ne peux pas m’empêcher de faire. D’entreprendre. Et on verra bien.

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Tu t’apprêtes à sortir l’odyssée de la presse rap ? Quel est le postulat de ce livre ? Quel est son prisme ?

Bursty : L’Odyssée de la presse rap, c’est parler d’une époque à jamais révolue, celle de la presse rap. Personne ne l’avait fait. Et j’aime être le premier dans ce que je fais. Et puis surtout, j’aime écrire les livres que j’aurais aimé acheter. Ce livre, c’est aussi parler de ma passion, le rap français, par le biais d’une de ses branches, les médias. J’ai toujours aimé cette presse, malgré ses travers. En parler à travers un livre, c’est aussi une façon de rendre hommage a mes années rap français.

En quoi l’odyssée de la presse rap diffère de l’odyssée de la mix-tape ?

Bursty : Il faut d’abord savoir que L’Odyssée est une trilogie de trois œuvres dont les sujets se font suite. Il s’agit de parler dans chaque ouvrage, d’une époque révolue du rap français avec la vision d’un activiste passionné. Une vision 100% subjective.

En 2012, je décidais donc de me lancer dans cette aventure extraordinaire de L’Odyssée avec le premier volet de l’Odyssée : « L’Odyssée de la mixtape en France », qui sortira en 2017 et dont l’objectif était de rendre hommage à la cassette analogique et aux activistes du rap Français qui permirent à l’underground Français de vivre une époque, entre 1993 et 2003, où le rap français était créatif, exubérant, et entreprenant. Il s’agissait à travers cet ouvrage, de rappeler les racines du rap français. Il s’agissait aussi de rendre hommage à cette effervescence et à cette exubérance et de faire connaitre à une nouvelle génération, cette époque à jamais révolue. « L’odyssée de la mixtape en France » rendait enfin hommage à tous les acteurs du mouvement hip-hop qui ont contribué à tout cela, du Djs, aux boutiques spécialisées, aux activistes. L’Odyssée de la mix-tape en France parlait d’une époque où le hip-hop appartenait encore à la rue et les ou les Dj’s étaient ses haut-parleurs.

Le second volet de la trilogie L’Odyssée partait d’un constat : Le rap est la musique la plus écoutée en France, paradoxalement, il n’existe plus aucun magazine du genre en kiosques. Pourtant, dans les années 90, entre les fanzines et les magazines, c’est plus d’une quinzaine de titres qui traitaient de l’actualité rap. Quelle était cette presse rap et pourquoi a-t-elle disparue ? Les raisons de cette disparition étant selon moi multiples. C’est cette histoire que j’ai voulu raconter dans « L’odyssée de la presse rap en France » en allant à la rencontre des différents acteurs qui ont vécu cette presse rap en tant que, Rédacteurs en chef, Journalistes, Photographes, Maquettistes, ou tout simplement, activistes hip-hop… « L’odyssée de la presse rap en France » est un outil de transmission d’une certaine idée de la culture hip-hop aux nouvelles générations. Il s’agit à travers ce livre, de montrer que la culture hip-hop en France a aussi une histoire.

 

Quelle a été la difficulté sur ce livre-ci ?

Bursty : Dans le cadre de l’auto-édition, c’est l’auteur, autrement dit moi, qui prend en charge l’édition de ses ouvrages. Si cela me permet d’avoir une grande liberté de manœuvre quant à l’organisation de mon livre et la diffusion qui s’en suivra. Il y a tout de même de grands freins. Le premier frein est l’aspect financier. Un livre peut coûter cher avant même qu’il ne soit sorti si on ne s’y connait pas en graphisme et si… A l’école l’orthographe n’était pas notre matière préférée. Un correcteur ça peut coûter cher. Les étapes, retranscription des interviews, correction du livre ont grevé fortement mon budget. J’ai eu aussi des soucis avec différents graphistes, qui soit n’étaient pas motivés, soit ne comprenaient pas ma commande. j’ai perdu ainsi quasiment huit mois, avant de trouver la personne idéale et puis il y l’impression qui peut vite devenir un gouffre financier. J’avais explosé mon budget avant même que le livre ne se retrouve chez l’imprimeur. Aujourd’hui j’ai une petite équipe compétente et fiable. Mais certains m’ont bien fait galérer. Mais merci, grâce à eux j’ai su aujourd’hui m’entourer avec des gens compétentes, motivés et fiables.

Tu as interviewé journalistes, rédacteurs en chef, photographes. Pourquoi ?

Bursty : Comment parler d’une chose que tu n’as pas vécu de l’intérieur. Le risque c’est de n’avoir qu’une seule version de la chose. J’avais mon avis, un avis personnel, sur les raisons de la chute de la presse rap, mais je voulais aussi avoir un autre son de cloche et l’avis des gens qui avaient vécu cette histoire de la presse rap de l’intérieur. Je voulais absolument avoir leur vision du truc. Je voulais une certaine objectivité. Je trouvais et trouve toujours que c’est important.

Qu’est-ce qu’on y apprend en substrat ?

Bursty : On y apprend que cette chute de la presse rap était inéluctable. On apprend que les groupes de presse qui avaient lancé les magazines rap, n’étaient la que par opportunisme. Il n’y avait pas de vision à long terme. On venait faire du business. On y apprend que les premiers activistes des fanzines avaient eux aussi une vision à court terme et pour tellement des raisons aussi bien sociologique, qu’économique.

En quoi la presse rap divergeait d’une autre presse musicale ?

Bursty : Cette presse était très souvent réalisée par des personnes qui souvent n’étaient pas passionnés et de passage. Des personnes qui n’étaient pas légitimes et qui se savaient non légitimes. Cette presse contrairement à la presse rock par exemple, s’adressait aux amateurs de rap, issus pour la plupart de des banlieues de France et avait décidé de cibler uniquement les 15/25 ans et à la fin, les 10/15 ans. Un public basané souvent ( pas bon pour obtenir de la pub), pauvre tout le temps ( pas bon pour acheter des magazines quand y a pas de pub qui rentre) et versatile à souhait.

La culture hip-hop était peu investie dans l’idée de se documenter, de laisser une trace. Encore moins le rap français, pourquoi selon toi ?


Bursty : La fainéantise, la vision à court terme, le manque d’argent. Les gens parlent de passion, mais c’est faux, 99 % viennent dans le rap pour l’argent. Uniquement l’argent ! Donc parler du hip-hop, de cette culture est le cadet de leurs soucis. Ce sont des visionnaires à court terme.

Y-a-t-il une pluralité de regards des anciens acteurs de la presse sur ce segment ?

Bursty : Les anciens acteurs de la presse ? C’est comme demander à l’homme de Neandertal son avis sur l’actualité d’Eric Zemmour !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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