L’histoire du sampling et du hip-hop sont truffés de procès et de litiges et Jay-Z n’échappe pas à la règle. « Big Pimpin » sorti en 1999 et produit par Timbaland, cinquième et dernier single de l’album Vol.3… Life and Times of S.Carter avait conquis les dancefloors du monde entier et définitivement installé l’album dans les charts. Le choix du sample était judicieux. Timbaland avait puisé dans la musique égyptienne  des années 60, en revisitant le thème de « Khosora Khosora » composé par Baligh Hamid et interprétée par Abdel Halim Hafez. Un titre classique et fort connu de l’Egypte et du monde arabe puisqu’il avait été immortalisé dans le film Fata Ahlami sorti en 1957 et réalisé par Helmy Rafla. En 2007, l’héritier et ayant droit du compositeur Baligh Hamdi, Osama Ahmed Fahmy, découvre le titre et poursuit Jay-Z en justice. 

Netfeeders / Jay-Z

Le plaignant fonde sa plainte sur deux points. Le premier est d’ordre purement juridique en opposant le fait que EMI Arabia, détenteur des droits, n’avait pas racheté les droits de sous-licencier le titre pour qu’il soit utilisé dans une autre oeuvre.

 

Le second point est d’ordre symbolique. l’utilisation qui est faites du titre mais surtout le clip qui fait apparaitre des femmes en bikini autour du rappeur serait contraire aux limites que fixe la loi égyptienne aux oeuvres artistiques en matière morale.

En première instance, après huit ans, un juge californien avait tranché, le 30 mars 2015 pour un procès durant lequel les deux parties doivent s’expliquer.

Après une longue bataille juridique, Jay-Z vient de remporter ce procès, le juge américain Christina Snyder n’ayant pas donné de suite au neveu du producteur égyptien sur l’utilisation frauduleuse du copyright.

La loi égyptienne ne peut prévaloir dans ce cadre, la famille du producteur égyptien, s’est ainsi retrouvé débouté mais l’avocat Pete Ross qui représente l’ayant droit, fera appel de la décision.

 

Les litiges qui oppose chanteurs occidentaux et ayant droits du Maghreb ou d’orient dont les oeuvres furent samplées, sont nombreux. Sur Erotica, Madonna avait samplé Fairuz, la célèbre chanteuse libanaise et Chemical Borthers avaient samplé les violons sur une chanson du chanteur marocain Najat Aatabou. En France, Dj Mehdi, compositeur de Ideal J et 113, notamment, avait utilisé sur Tonton Du Bled, un thème du chanteur  Ahmed Whabi, chanteur algérien des années 60. Les ayants droits du chanteur algérien avait alors attendu plusieurs années avant de se manifester, demandant tout ou parties des droits sur la composition du morceau.

 

 

 

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