Le rap français est devenu darwiniste. Une génération effaçant l’autre, aux rythmes des vagues successives de la pop urbaine, la trap ou la drill jusqu’à la prochaine hype. Au point qu’une génération d’artistes ne sache plus ou ne puisse plus connaitre ou citer des références plus anciennes du rap français. Il existe pourtant des acteurs et activistes qui traversent le temps et qui peuvent témoigner et raconter l’histoire de cette musique et de cette culture dans son ensemble. Chil-P est de ceux-là. Son nom ne dira rien aux profanes et peut-être, même aux initiés mais son histoire est dense. A la fois acteur discret et spectateur privilégié des coulisses du rap français, Chil-P a été, tour-à-tour, « sparring-partner », Mc-rappeur, beatmaker… Il s’est essayé à la réalisation. Il a appris et s’est initié au mixage. Il débute dans l’ombre de Busta Flex en soutien scénique du rappeur avant de s’en émanciper et de se lancer dans l’auto-production à coup de clips, freestyles et scènes aux quatre coins de l’hexagone. Aujourd’hui, fort d’une expérience plurielle, Chil-P, après des années dans l’underground, a décidé de sortir de l’ombre. Il s’apprête à sortir un EP éponyme où il s’inscrit dans l’ère du temps, entre rap et chant, entre topline et flow éthéré.  Cette interview est l’occasion de revenir sur son histoire. 

 

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Tu as pas mal bougé entre la Seine-Saint-Denis et le Val de marne entre l’enfance et l’adolescence. Tu peux revenir sur tout cela ?

Chil-P : Chil-P, artiste du milieu hip-hop. Du milieu urbain, on va dire. C’est mon vrai prénom. Chil-p est le diminutif de mon vrai prénom « Chilpéric ». Je suis arrivé en France, à l’âge d’un an. J’ai atterri à Pierrefitte-Sur-Seine, dans le 9.3. Mes parents avaient trouvé un appartement à la cité Blanche. Après nous avons emménagé à la cité rose dont la réputation n’est plus à faire, car elle fut médiatisée à l’échelle nationale avec le film du même nom. À l’adolescence, changement de décor, je quitte la Seine-Saint-Denis pour le 94 et on arrive à Ivry. J’habite alors au Moulin d’Ivry-sur-Seine, pour ceux qui connaissent. Je partage mon temps entre Ivry et Vitry. Je suis scolarisé à Vitry et j’y suis beaucoup. À la fin de l’adolescence, le divorce parental m’amène à renouer avec le 93 et j’emménage à Épinay-Sur-Seine. Là, c’est vraiment la période où je focalise sur le rap et le hip-hop.

Qu’est-ce qui te prédestine à la musique, à part le fait d’être d’origine congolaise ?
Chil-P : Justement mes origines y sont pour beaucoup, les Congolais sont assez solaires et on ne rate pas d’occasions de s' »ambiancer » du coup j’me suis pris la rumba congolaise d’un côté le rap Us et Fr de l’autre via les parents et les cousins.
Justement, est-ce que tu as baigné dans un contexte musicale ou culturelle particulier qui t’ont amené à la musique ?
Chil-P : Oui comme tout Congolais qui se respect et mes parents avaient beaucoup d’amis musiciens,  j’avais aussi Ben-j des « Neg Marrons » qui passait souvent à la maison ça restait un modèle de réussite, ça motive fort!
Comment découvres-tu le Hip-Hop ?
Chil-P : Ma grande soeur en écoutait je me suis pris « What’s my name de Snoop Dogg en pleine face et dans le clip, il était, avec son équipe, sur le toit d’un restaurant, à Long Beach. Ca m’a mis la pression et depuis, j’ai opté pour les nattes africaines comme lui pour le côté identitaire.

 

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« Busta Flex a été mon centre de formation. Je vais en radio, je fais des shows. J’apprends à être rigoureux scéniquement avec des débriefs après les concerts. »

 

On te rattache beaucoup à Épinay. Est-ce la ville qui te représente ?

Chil-P : Bien sûr. C’est là où j’y fais mes armes musicales. Quand j’arrive, j’ai un désir d’écrire. Quand j’y arrive, je veux interpréter et écrire, rapper. Je m’y professionnalise et Busta Flex me remarque. Je faisais des mix-tapes sous windows et Busta Flex me prend avec lui pour tourner et je découvre l’univers des maisons de disques. Busta Flex a été mon centre de formation. Je vais en radio, je fais des shows. J’apprends à être rigoureux scéniquement avec des débriefs après les concerts. Je n’aillais pas resté dans l’ombre de Busta à faire ses backs donc j’ai commencé à faire des freestyles YouTube en allant à Vitry, Marseille et un peu partout en France pour travailler le terrain. Je checks pas mal de monde comme Rappeur d’1stinctKaaris et combien d’autres. J’intervenais sur pas mal de projets, en coulisses, notamment sur Fianso,  la période « Je suis passé chez So ». Je me suis auto-produis. J’ai fait des clips, mais dans une logique différente de la plupart. J’étais passionné et je n’avais pas ce côté quête à vouloir à tout prix me réaliser à travers le métier de rappeur. Je faisais cela comme je voulais. On me poussait au quartier et c’était aussi un moyen de représenter. Quand tu viens de banlieue, tu vois le gap qui existe entre ce que tu vis et ce que les tiens vivent et comment cela est restitué et compris par le reste de la société. Donc j’avais conscience que prendre le micro, c’était aussi un moyen de représenter mon quartier et ceux qui me ressemblent. Et puis, il y a la dimension personnelle de s’accomplir. Je n’avais pas forcément la volonté de me mettre en avant. Après, on m’a souvent sollicité pour faire des choses et puis l’opportunité Mezzor Music s’est présentée et là, on avance.

Tu es dans la perspective d’un EP et des clips arrivent. Il y a un morceau avec Hornet La Frappe, qui vient d’Epinay tout comme toi et que tu connais…

Chil P: Hornet la Frappe rappe depuis qu’il est tout petit et avec le même nom depuis ses débuts. Il évoluait en groupe sous le nom de la Relève puis rapidement, il s’est pris en main et il a démarré une carrière solo. On peut le voir dans mes premiers clips. On s’est toujours suivi. Il venait souvent chez moi parce que j’avais un peu de matériel pour produire et s’enregistrer. J’avais un petit home studio ou je maquettais. Ça l’intéressait. C’est un vrai passionné. Sur les dates avec Busta Flex lorsque c’était possible de l’incruster, il backait. Il faisait mes backs quand j’ai commencé à faire mes premières scènes. Ce qu’il a, il le mérite car il a toujours été travailleur et déterminé. Il n’a jamais rappé pour la tendance. Il a fait les choses dans les règles avec un réelle amour pour la musique. 

 

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« Hornet la Frappe rappe depuis qu’il est tout petit et avec le même nom depuis ses débuts. Il évoluait en groupe sous le nom de la Relève puis rapidement, il s’est pris en main et il a démarré une carrière solo. On peut le voir dans mes premiers clips. On s’est toujours suivi. »

 

À l’exception de quelques-uns comme Hornet ou Busta Flex, il y a pas eu d’exposition pour d’autres rappeurs de la ville. Pourquoi ?

Chil-P : Epinay était connu en interne pour le business. Et les rappeurs avaient leurs activités sur le côté donc le rap n’était pas un enjeu de survie. C’est peut-être ce qui explique qu’on eu beaucoup de rappeurs hardcore, qui ne cherchaient pas forcément à percer. C’est plus l’envie de rapper et de représenter. Comme moi, la plupart rappait et faisait leur argent à côté. C’est ce qui explique le manque d’exposition.

Pourtant la ville avait du potentiel. Il y a eu un vivier… 

Chil-P : Épinay c’est une ville de kickeurs je suis fier d’avoir fais mes classes là-bas on est tous connectés.  Aujourd’hui, Mounir (Hornet La Frappe), c’est le plus connu mais t’en a tellement qui ont la dalle… Ce qui a un peu éclipser ces talents, c’est peu être le fait qu’il n’y ai pas eu un gros fédérateur pour mettre la lumière sur la ville et que cela participe à structurer la scène locale mais je trouve, que actuellement, Hornet nous représente bien. Peut-être que Epinay connaitra l’engouement que connait aujourd’hui, Sevran.

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« J’ai fait les choses à l’inverse parce que sans calcul, initialement. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes débarquent rapidement du jour au lendemain. Contrairement à ce qu’il se passe aujourd’hui, j’ai balisé un parcours… »

Est-ce que tu te considères comme un « young véteran », en ce sens ou tu es là depuis un moment mais en même temps, tu es un jeune artiste en ce sens où le public ne te connait pas ?

Chil-P : j’ai fait les choses à l’inverse parce que sans calcul, initialement. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes débarquent rapidement du jour au lendemain. Contrairement à ce qu’il se passe aujourd’hui, j’ai balisé un parcours et pas mal d’artistes établis aujourd’hui, je les croisais et on se connaît par rapport à des expériences passées et des entourages qu’on a en commun. J’ai travaillé dans la production, en studio, j’avais même monté une émission de télévision sur la chaîne Zik, à l’époque, qui était en quelque sorte, l’ancêtre d’un Booska-P. J’allais sur le terrain rencontrer et interviewer d’autres artistes, tout en étant artiste par passion du hip-hop. Fif et Narbé (Bernard Messi, organisateur des évènements Impulstar 2021) s’en rappelleront mais l’idée que j’avais mis en place avec mon émission a pu à son niveau, aider, donner des perspectives, c’est très bien. Ça fait progresser la culture. Si j’ai pu inspirer ou mobiliser des énergies pour d’autres projets, c’est très bien. À l’époque, j’avais lancé la production d’un court-métrage du nom de « La Note du Crime » dans lequel joue Rohff et Mac Tyer. Ça doit remonter à 2008. Peu de gens font cela à l’époque en liant musique et fiction. Je le tourne en 2007 et ça sort en 2008 et à cette époque, il y a peu ou pas de projets similaires.

Tu as connu plusieurs époque. Celle du boom-bap puis l’arrivée du triton et des sons plus synthétiques. Aujourd’hui, on est à l’heure de la mélodie et de l’auto tune avec aussi l’arrivée de la trap puis de la drill et donc des subs très prononcées…

Chil-P : aujourd’hui, on peut plus parler de pop urbaine que de rap ou de hip-hop. Tout ce qui est mélodique est à classer dans ce registre et il y a même aujourd’hui des singles et des albums qui pourrait se retrouver dans la danse dans la perception que nous avions à l’époque. Les choses étaient plus marquées. Rapper, c’est la métrique et chanter, c’est faire des notes. Quand j’évolue dans l’entourage de Busta Flex, j’étais un gosse. Il y a des Salif, des SefyuRohff, Lino et Arsenik donc on est sur des niveaux d’écritures pointus. On ne pas passer cette étape pour arriver à l’époque de la punchline. Une punchline doit faire rire ou choquer, mais elle arrive de nulle part aujourd’hui. Avant, il fallait qu’une rime ait un sens et qu’elle s’intègre plus globalement dans un texte. Il y avait ce qu’on appelle la compétition rapologique. Je me souviens de Génération et d’une session freestyle avec Busta Flex et moi et de l’autre Youssoupha et S-Pi. Et c’est la guerre pour de vrai, avec une émulation. Aujourd’hui, les critères ont changé et la recherche n’est plus la même. C’est la mélodie et la meilleure topline.

Il y a une forme de nostalgie dans tes propos alors que ta musique est très actuelle, justement avec des mélodies, des toplines, des choses qui évoluent entre rap et chant…

Chil P : j’aime définitivement mon époque et je trouve que les morceaux peuvent t’amener très loin mais c’est aussi parce que les outils le permettent. Mais j’aime aussi l’esprit et l’exigence d’avant. Avant, il fallait une chanteuse si tu souhaitais faire un morceau dans le prolongement de ce qui se fait aujourd’hui. Là, l’auto tune te permet de faire ce que tu veux. On peut aller lus loin, mais textuellement, c’est plus pauvre. Exceptions faites de NekfeuDemi-Portion ou d’autres mais la plupart des morceaux se font en studio aujourd’hui à la vibe.

 

Tu as touché à pas mal de métiers. Artiste, assistant réalisateur, animateur, etc… Tu as été proche de Bibi Nacéri avec qui tu as travaillé… Qu’est-ce qui t’intéressais dans la vidéo ?

Chil-P : plus jeune, je voulais faire un clip mais ça représentait un budget. Plus encore quand tu débutes. Tu n’as pas de sous donc je me suis intéressé au matériel et la manière de faire des clips. Ça allumait sur les prix et pour avoir mieux, il fallait voir de plus gros réalisateur. J’étais stagiaire chez Secteur A et Kenzy m’a donné une mission. Il fallait trouver des réalisateurs dans les écoles de cinéma pour faire les vidéos et les clips de Singuila qui venait d’être signé. Par ce biais, je rencontre Sébastien Kong et on se met en lien avec Bibi Naceri. Le contact passe bien et il nous compare à Rush Hour pour le côté renoi et asiatique. Il nous voyait courir partout. J’avais mon petit réseau dans le rap et j’essayais d’activer les connexions. Bibi nous a pris Sebi et moi sous son aile et on a appris à monter sur ses stations de montage chez lui, dans sa maison, à Montreuil. On a vu les premières Red arriver et on s’est mis à étudier tout cela et à apprendre. Entre temps, d’autres potes deviennent réalisateurs dont Lamine Dakito qui nous côtoient et rejoint notre cercle. Il ramène la première Red. J’ai appris à cadrer, filmer, étalonner, et comprendre ce qu’est une marge de travail, mais je n’ai pas poussé plus loin. 

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« Par ce biais, je rencontre Sébastien Kong et on se met en lien avec Bibi Naceri. Le contact passe bien et il nous compare à Rush Hour pour le côté renoi et asiatique. Il nous voyait courir partout. J’avais mon petit réseau dans le rap et j’essayais d’activer les connexions. Bibi nous a pris Sebi et moi sous son aile et on a appris à monter sur ses stations de montage chez lui, dans sa maison, à Montreuil. « 

Comment tu en viens à la production ?

Chil-P : j’en suis venu à m’intéresser aux machines parce que j’étais passionné par tous les aspects. J’ai participé au projet « Écoute la rue Marianne. » A l’origine de ce projet, c’était un gros investisseur et producteur, Ange Lonis, qui était propriétaire du studio Recorder à Paris. Il voulait tout le rap français pour faire un projet revendicateur au moment des élections présidentielles où Sarkozy se fera élire. Ça me mettait la pression parce que je devais ramener les artistes avec un budget conséquent de 300 000 euros. On était une petite équipe à approcher les artistes et à gérer leur collaboration à cette compilation. Sur les enregistrements et mixs, je rencontre Ludovic Mullor qui est réputé et je lui demande si je peux apprendre à ses côtés. Donc, en marge de ce projet, je venais me former avec lui sur les pads, la SSL, les fonctions des périphériques et autres. Il me fait une formation sur le son et qui me sert encore dans mon home studio.

 

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« Il y a deux Chil-P. J’ai l’ADN rap avec l’envie de kicker et en même temps, je peux amener de la mélodie sur un couplet ou un refrain où l’on sort du rap pour aller vers la pop urbaine. Le travail a été de mélanger ces deux aspects. « 

Tu a été repéré par OKLM en son temps par rapport à certains de tes morceaux et clips…

Chil-P : je crois qu’il m’avait mis en Talent OKLM. Effectivement, c’est vrai.

Aujourd’hui, tu en es où ?

Chil-P : je suis en train de concrétiser une sortie et d’aboutir. J’ai fait table rase du passé. L’imagerie passée, je l’ai mise à gauche pour partir sur ce que je suis aujourd’hui. La musique va vite donc j’en suis à Chil-P 2021. (rires)

 

Tu es d’origine congolaise. Est-ce que la Rumba fait partie de ton bagage culturelle et comment expliques-tu l’influence des artistes congolais aujourd’hui dans le rap ?

Chil-P: l’influence des Congolais pour moi remonte à Bisso Na Bisso avec Passi. Il a réhabilité la musique africaine dans le rap et les « charts ». On retrouvait déjà nos rythmiques à nous, nos expressions à nous dans de la musique française. Ça s’est démocratise à notre ère sur la Trap avec des expressions comme les « fimbi », les « mundélés » parce qu’il y a beaucoup de congolais dans la musique et en France. Aujourd’hui, il n’y a même plus besoin d’être congolais ou d’origine congolaise pour faire de la musique congolaise ou d’influence congolaise. On a la rumba et lorsque j’écoute Keblack, Hiro, Naza, il y a cette rythmique rumba.

Comment-tu te définis artistiquement ?

Chil-P : il y a deux Chil-P. J’ai l’adn rap avec l’envie de kicker et en même temps, je peux amener de la mélodie sur un couplet ou un refrain où l’on sort du rap pour aller vers la pop urbaine. Le travail a été de mélanger ces deux aspects. J’étais très cru avant avec des instrus boom-bap et du kickage et aujourd’hui, je fais les deux et comme je compose aussi, j’essaye de trouver un pont entre les deux.

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« Étant petit, du coup, j’avais peur et en même temps, ces chiens exerçaient une forme de fascination. Le pitbull est devenu dans notre fantasmagorie comme synonyme de puissance. »

D’où vient ta passion pour les Bully ?

Chil-P : ma passion pour les chiens arrive jeune. À Pierrefitte, on était connu à la cité rose pour les descentes en direction de Sarcelles. On parlait des Bombers et des Pitbull. Les Pitbull étant les jeunes issus de la Cité Rose, justement parce que a la plupart avaient des pitbull. Quand tu avais un pitbull, tout le monde te respectait. Pas de cambriolage. Pas de dispute. Étant petit, du coup, j’avais peur et en même temps, ces chiens exerçaient une forme de fascination. Le pitbull est devenu dans notre fantasmagorie comme synonyme de puissance. À 14 ans, j’ai eu un chiot. Un rottweiler XL et j’ai un peu arnaqué mes parents là-dessus. Ils ne savaient pas que le chien allait faire la même taille que le canapé. J’ai dû le donner. Quand j’ai pris mon appartement, j’ai eu des staffs. Puis dès que j’ai fait l’acquisition d’une maison, j’ai trois puis quatre staffs d’un coup et la moitié de mes potes voulaient même plus rentrer chez moi. Je commençais à voir des Bully, mais c’était très rare en France. Il était difficile d’en avoir auprès d’éleveurs parce que les conditions requises t’obligeaient à avoir un terrain suffisamment grand pour accueillir un chien de cette force et énergie. Ce sont paradoxalement des chiens plus massifs, mais aussi plus calmes que les staffs. C’est un chien calme, peu bruyant mais téméraire et têtu. Ce sont des chiens très famille. C’est une passion qui s’est développée et j’aime mettre des Bullys dans mes visuels. Aujourd’hui, j’affectionne particulièrement les Bully XL et X-trem.

C’est ambivalent parce que ce sont des chiens qui font peur, mais qui paradoxalement que tu définis comme étants familiaux ?

Chil-P : dire que ces chiens ne sont pas dangereux, c’est utopique. Le ratio puissance est énorme en comparaison des autres races canines. Il y aura toujours une dangerosité. Le chien tient à l’éducation de son maître et il évolue en fonction. Je vais prendre une métaphore automobile. On peut se tuer aussi bien en Renault 21 qu’en Ferrari, mais l’une est plus puissante et fougueuse que l’autre. C’est la même chose entre le Bully et un autre type de chien. Le Bully fera plus de dégâts en cas de morsure. La dangerosité ne vient pas spontanément du chien, mais du maître dans ses négligences.

 

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« Il y aura toujours une dangerosité. Le chien tient à l’éducation de son maître et il évolue en fonction. Je vais prendre une métaphore automobile. On peut se tuer aussi bien en Renault 21 qu’en Ferrari, mais l’une est plus puissante et fougueuse que l’autre. C’est la même chose entre le Bully et un autre type de chien. »

Comment s’est faite la connexion avec Mezor Music ?

Chil-P : je connaissais Hassen, fondateur du label et il me suivait dans mon évolution. Il a senti qu’avec des moyens et de la structuration, il était possible de faire quelque chose. Et il m’a proposé de partir sur une création de label et il m’a parlé de dj Lord Chamy. Il se connaissait depuis des années et ça s’est structuré et l’aventure a démarré.

Qu’est-ce que tu ambitionnes aujourd’hui ?

 

Chil-P : j’associe la musique à la notion de plaisir et de découverte. J’ai commencé à rapper, puis je me suis à la production et j’ai commencé à faire du son, à m’enregistrer. J’aime découvrir à chaque fois de nouveaux aspects. J’ambitionne de garder cette passion intacte et de faire de la bonne musique. Faire de la musique pour faire de la musique, ça n’est pas intéressant parce qu’il y a beaucoup de propositions faites aujourd’hui. Donc, à mon humble niveau, c’est de proposer, soit au niveau flow ou autre, quelque chose et d’amener un petit aspect, novateur. Si j’y arrive, ça sera mission accomplie.

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« Le Bully fera plus de dégâts en cas de morsure. La dangerosité ne vient pas spontanément du chien, mais du maître dans ses négligences. »

 

 

 

 

 

 

 

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